12/12/2017

Le site Internet de "Open Russia" bloqué par les autorités russes

"Depuis sa création, Open Russia a beaucoup œuvré pour soutenir les victimes de violations des droits humains en Russie et dénoncer le triste bilan de ce pays en matière de droits humains. Elle est à présent elle-même victime de ce système."
Sergueï Nikitine, directeur d'Amnesty International Russie
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L'objectif de « Open Russia » est de connecter et de réunir les citoyens russes qui veulent un Etat de droit comprenant une société civile forte, des élections libres régulières et équitables ainsi que la promotion des valeurs démocratiques.

A trois mois des élections présidentielles russes, les plateformes de toutes les organisations étrangères jugées "indésirables" ont été bloquées par le gouvernement russe. Parmi elles, celle de Open Russia, le mouvement fondé par Mikhail Khodorkovsky, ancien oligarque aujourd'hui en exil à Londres.

En 2015, une loi fut signée par le président russe Vladimir Poutine permettant de désigner comme "indésirables" toute organisation étrangère active en Russie, qu'il s'agisse d'ONG, d'organisations ou de fondations d'entreprises, pour éventuellement les interdire ensuite.

Selon l'agence de régulation des médias Roskomnadzor, les sites de onze organisations répondant à cette désignation ont été ajoutées à la liste des organisations déjà bloquées sur le territoire russe.

Parmi celles-ci on compte des structures britanniques liées au mouvement Open Russia de même que l' Institute of Modern Russia également affilié à Open Russia. L' Institute of Modern Russia est présidé par Pavel Khodorkovsky, le fils de Mikhail Khodorkovsky et financée par George Soros, un financier américain d'origine hongroise.

Open Russia a confirmé que le site de l'organisation est "bloqué sur le territoire russe" par "la plupart" des fournisseurs d'accès Internet.

Open Russia a été créé en 2014 par l'ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovsky dans le but de constituer une opposition unifiée ouverte sur l'Europe à l'actuel président Vladimir Poutine.

Mikhail Khodorkovsky a exprimé son soutien au leader d'opposition Alexeï Navalny qui ne devrait pas pouvoir se présenter aux élections présidentielles en raison de son passé judiciaire ainsi qu'à la journaliste Ksénia Sobtchak, la fille d'Anatoli Sobtchak, homme politique russe décédé en 2000 et premier maire de Saint Pétersburg élu démocratiquement en 1991.

Evoquant la procédure d'interdiction, Mikhail Khodorkovsky dénonce "une violation du droit constitutionnel à la liberté d'expression" menée par "les représentants du groupe criminel qui occupe actuellement le Kremlin, se cachant derrière le bureau du Procureur général".

Néanmoins, "nous continuerons notre travail et publierons des informations sur les réseaux sociaux et sur mes sites personnels", ajoute-t-il.

Selon Denis Krivosheev, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Europe et l'Asie Centrale, "les autorités russes ciblent clairement Open Russia dans le but d'étouffer le mécontentement et le pluralisme dans les médias russes et de faire disparaître Khodorkovsky de la politique et de la société russes".

Fin avril, une perquisition fut menée dans les locaux de l'antenne russe d'Open Russia. Il fut reproché à l'organisation de promouvoir "des programmes et des projets destinés à discréditer le résultat des élections en Russie et à les faire reconnaître comme illégitimes."

En 2003, Mikhail Khodorkovsky avait été arrêté pour "vol par escroquerie" et "évasion fiscale". Après 10 années de détention, il fut gracié en 2013 par le président russe Vladimir Poutine.

Il vit aujourd'hui au Royaume-Uni.

Romandie - 12.12.2017 apo/gmo/gmo/pg




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