Nouvelles du Jour

  • Extraction de cuivre en Artique

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    La Norvège donne son aval pour un projet d'extraction de cuivre en Artique, décrit comme « le projet le plus néfaste pour l'environnement dans l'histoire du pays. »

    L'opération va causer un important déversement de déchets de métaux dans les fjords et menacer les populations de rennes.

    La Norvège a approuvé un projet d'exploitation de cuivre dans l'Artique, provoquant la colère des écologistes qui craignent une mise en danger des populations de rennes ainsi qu'une pollution des fjords attenants.

    Les pêcheurs et les conducteurs de troupeaux de rennes locaux, les Samis, soutiennent que le projet, approuvé par Oslo le mardi 12 février 2019, ajoutera aux problèmes actuels concernant le changement climatique, les marées noires et le braconnage affectant à la fois leur habitat et leur moyens de subsistance.

    On estime que le sol de Kvalsund, situé dans le comté de Finnmark, à l'extrême nord sur le Cercle Artique, recèle jusqu'à 66 millions de tonnes de cuivre.

    Les écologistes craignent que ceci ne conduise à des projets d'exploitation et de forage dans d'autres écosystèmes fragilisés de l'Artique qui est devenu la dernière frontière dans la quête de réserves d'énergies minérales et fossiles rapidement épuisables.

    En conséquence de la fonte des glaces, des navires polluants ont pu accéder à des habitats jusqu'alors inaccessibles, convoitant leurs précieuses ressources naturelles.

    L'Artique se réchauffant deux fois plus vite que le reste de la planète, les tendances actuelles prévoient une région polaire exempte de glace d'ici l'année 2050.

    Ceci ouvre des opportunités commerciales à la fois pour le forage et la navigation de croisière.

    La compagnie de forage norvégienne Nussir qui détient tous les droits de forage, a indiqué vouloir utiliser pour ses travaux des régions en haute mer, un port dégagé des glaces, une autoroute principale et une « zone industrielle en développement » déjà existante.

    Nussir a également déclaré qu'elle s'engageait « à une intrusion minimale dans le mode de vie de la communauté d'accueil. »

    Le Ministre norvégien de l'Industrie,Torbjoern Roe Isaksen, a également insisté sur le fait que le projet "contribuerait de façon positive à la communauté locale, avec la création de nouveaux emplois et de nouvelles compétences".

    Cependant, l'éleveur de rennes Nils Mathis Sara a déclaré que ce plan n'était que la preuve qu' Oslo ne prenait pas les préoccupations des autochtones au sérieux.

    «Je suis choqué par la décision du gouvernement. J'avais espéré que le gouvernement norvégien aurait entendu nos arguments », a-t-il déclaré à l'agence de presse Reuters.

    Les groupes écologistes craignent que l'extraction de cuivre ne détruise les terres dont dépendent les rennes pendant les mois d'été. Et le projet de déversement de déchets miniers dans le littoral de Repparford représente une menace pour la reproduction du saumon atlantique.

    Silje Ask Lundberg, la directrice de Naturvernvorbundet ( Amis de la Terre, Norvège ) estime qu'il s'agit « d'un des projets industriels les plus néfastes pour l'environnement dans l'histoire de la Norvège ».

    Les activistes estiment que deux millions de tonnes de déchets de métaux lourds - l'équivalent du chargement de 17 camions poids lourds par heure - seront déversés chaque année dans un fjord faisant l'objet de mesures spéciales de protection pour la conservation des saumons.

    Dans le passé, un précédent déversement de déchets miniers dans ce même fjord, à un niveau moindre que celui du projet approuvé récemment, a conduit à une chute de la population des saumons qui a nécessité 13 ans pour se rétablir.

    « Cette décision démontre de façon concluante que le gouvernement ne prend pas la lutte pour la conservation des océans au sérieux et préfère donner la priorité à des projets engrangeant des profits à court terme plutôt qu'à des projets de conservation et de durabilité. «  a ajouté Silje Ask Lunderg.

    La Norvège est le seul pays d' Europe – et un parmi cinq dans le monde – à autoriser les compagnies de forage de déverser des déchets miniers solides directement dans la mer.

    Earthworks, une organisation caritative pour l’environnement, a déclaré que le déversement de déchets miniers dans le Repparfjord dans les années 1970 avait « presque anéanti » le secteur de la pêche de la région.

    Les opposants envisagent d'engager des poursuites légales afin d'obtenir un délai avant la mise en route du projet qui est en attente d'une licence gouvernementale depuis le feu vert reçu des autorités locales en 2012.

    Environ 2500 personnes ont également signé une pétition contre ce projet.

    L'exploitation minière dans l'Artique a été soutenue par le gouvernement britannique qui déclarait en 2014 que « les ressources minérales importantes » de la Norvège offraient « d'excellentes possibilités de croissance ».

     

    The Independent  -  Tom Bachelor  -  15.02.2019

     

  • L'horloge de l'apocalypse reste à minuit-2 

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    Conçu durant la période de la Guerre froide dans le but de rendre les gens attentifs aux risques de fin du monde, cet instrument reste pessimiste au sujet de l'avenir de notre planète.

    Symbolisant l'imminence d'un cataclysme planétaire, l'horloge de l'apocalypse reste à minuit -2.

    Notamment en raison de l'usage de l'information utilisée pour affaiblir les démocraties, affirment les scientifiques en charge de l'ajustement annuel de l'horloge.

    En 1953, à l'époque où les Etats-Unis et l'Union Soviétique testaient la bombe nucléaire, l'aiguille de l'horloge du «Bulletin of the Atomic Scientists» affichait la même heure.

    L'aiguille est restée immobile depuis l'année dernière.

    Néanmoins, selon Rachel Bronson qui dirige l'organisation rassemblant des experts américains des question de sécurité, d'armement nucléaire et d'environnement, « cela ne devrait pas être pris comme un signe de stabilité. »

    Rachel Bronson ajoute que « nous sommes entrés dans une période que nous appelons le nouvel anormal. »

    En cause, elle cite le risque de conflit nucléaire, l'accélération du changement climatique et la prolifération de fausses informations utilisées comme instrument de déstabilisation.

    Même si la tension a pu être baissée suite au début de dialogue engagé par le Président américain Donald Trump avec son homologue nord-coréen Kim Jong Un, « la situation reste très dangereuse » selon elle.

    Les tensions entre les Etats-Unis et la Russie restent « inacceptables » et sur le plan de l'environnement, il n'y a pas de répit en vue du fait de « l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre observée après avoir atteint un plateau. »

    Rachel Bronson poursuit en décrivant « un écosystème de l'information changeant et multipliant les menaces, porteur de fausses informations qui génèrent rage et division à une époque où nous avons besoin de calme et d'unité. »

    Jerry Brown, ancien gouverneur de Californie et président du « Bulletin of the Atomic Scientists » estime quant à lui que trop peu était entrepris de la part des dirigeants mondiaux pour réduire le risque de guerre nucléaire.

    « L'aveuglement et la stupidité des politiques et de leurs conseillers est vraiment choquante face au danger de catastrophe nucléaire. Nous sommes comme les passagers du Titanic : nous ne voyons pas l'iceberg devant nous, mais nous profitons des bons repas et de la musique. »

     

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    « L'horloge de l'apocalypse reste à minuit moins deux »

    20 Minutes (nxp/ats) – 24 janvier 2019

  • "La débacle des débats" - Padmavat - Deccan Chronicle

    a.jpgPadmavati se nomme désormais Padmavat. Ouf ! Nous avons tous poussé un soupir de soulagement quand la crise a été évitée. Mais apparemment, pas encore !

    Le film est toujours sujet à objection pour quelques uns qui ne l'ont pas encore visionné.

    Ces nouvelles qui ont fait la une des journaux ont été reprises lors des débats télévisés publics de grande audience où personne ne veut tenir de conversation, délibérer au sujet d'opinions contraires ou simplement discuter. Dans ces débats, on ne trouve qu'un groupe de gens ayant des points de vue fixes argumentant, se disputant et réfutant.

    Quelle que soit la chaîne d'information que je regarde, ce qui apparaît de façon catégorique et nette, est l'absence de débats sains et constructifs.

    Nous pouvons en blâmer les concepts en vigueur, la course au taux d'audience, le besoin de controverse ou simplement le manque de respect grandissant face aux point de vue divergents. Il en ressort que les problématiques essentielles sont mises de côté et que les opinions arrêtées priment sur les débats.

    Les gens aux opinions arrêtées ont toujours fait partie des nouveaux débats mais leur rôle semble s'être élargi au cours des dernières années, se démarquant par des déclarations stridentes et discordantes.

    Une tendance distincte se fait jour, non seulement dans les studios de télévision mais aussi dans les médias sociaux, les universités, les plates-formes publiques et même au sein de groupes d'amis dans des cafés.

    Il semble que nous perdions de vue la notion de débat et qu'à la place, nous devenions hystériques et agressifs verbalement à l'encontre du point de vue des autres personnes, leur coupant la parole sans ménagement.

    Faire des commentaires personnels, devenir grossier ou même menaçant semble faire part désormais du "débat".

    Nous vivons dans l'âge des dévouements toxiques qui souvent sont sourds et aveugles à tout comportement rationnel. (...)

    La tendance à ergoter s'accroît de plus en plus et nous oublions "l'art de la conversation" ainsi que "la critique constructive".

    Dans une démocratie, nous devons nous souvenir de tenir des débats civilisés et d'exprimer la volonté de concevoir de multiples points de vue.

    Aujourd'hui, un point de vue neutre ou une juste critique semblent être une lointaine théorie, spécialement lorsqu'il s'agit d'opinions sociales ou politiques.

    Le nationalisme est devenu une excuse pour diviser et créer un chaos civique continuel au lieu de générer des changements constructifs.

    La polarisation lors des débats publics semble être devenue la norme. Malheureusement, aujourd'hui chacun se voit obligé de prendre parti au risque d'être stigmatisé.

    Qu'on l'apprécie ou non, qu'on l'accepte ou non, vous êtes soit un "bhakt" ou un pseudo libéral. Vous n'êtes plus un individu qui possède le droit fondamental d'avoir un point de vue différent, informé et modéré.

    Les quelques uns qui posent des questions et qui désirent tenir un débat raisonnable basé sur des faits deviennent les victimes de puissants groupes lobbyistes querelleurs et menaçants. (...)

    La menace et l'intimidation présentes dans les débats et les conversations est devenu une tendance dangereuse aujourd'hui. (...)

    Cela se passe partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Qu'il s'agisse de problématiques de racisme, de droits humains, d'immigration, de travail, de religion ou de droits des femmes, l'espace pour un débat constructif diminue drastiquement alors que celui d'une bruyante propagande s'accroît.

    Aujourd'hui, nous avons la possibilité de modifier le dialogue national mais seulement si nous renonçons à imposer nos points de vue et si nous nous rassemblons pour mener des débats sains et constructifs.

    Permettons-nous d'écouter, de comprendre et de donner de l'espace à des points de vue différents des nôtres.

    Dipti AGRAWAL - DECCAN CHRONICLE - 19 janvier 2018